Document de référence et rapport fi nancier annuel 2014 - BNP PARIBAS320

5 RISQUES ET ADÉQUATION DES FONDS PROPRES

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Risque de contrepartie

Les chambres de compensation

La compensation de transactions de BNP Paribas auprès d une contrepartie centrale (ou chambre de compensation) s inscrit dans le cadre habituel de ses activités de marché. En tant que membre compensateur (global clearing member - GCM), BNP Paribas contribue à sécuriser le dispositif de gestion des risques des chambres de compensation (CCP) au travers du versement d une contribution aux fonds de défaillance et d appels de marge quotidiens. Les règles défi nissant les relations de BNP Paribas avec les CCP dont il est membre sont décrites dans le règlement de chacune des chambres (rulebook).

Ce dispositif permet, notamment en Europe et aux États-Unis, de réduire les encours notionnels en compensant les transactions du portefeuille, d une part, et de transférer le risque de plusieurs contreparties vers une unique contrepartie centrale disposant d une organisation de gestion des risques robuste, d autre part.

Dans le cadre des activités de compensation pour compte de tiers, BNP Paribas exige également, et de manière quotidienne, le paiement d appels de marge de la part de ses clients.

LIMITES/CADRE DE SURVEILLANCE Des limites sont défi nies pour le risque de contrepartie et des mécanismes d arbitrage hiérarchique sont en place. Les expositions futures potentielles calculées par le système sont quotidiennement comparées aux limites allouées à chaque contrepartie. En outre, le système peut simuler de nouvelles transactions et mesurer leur impact sur le portefeuille de contrepartie. Il s agit donc d un outil essentiel du processus d approbation du risque. Les Comités suivants (par ordre de pouvoir croissant), Comité de crédit régional, Comité de crédit global, Comité de Crédit Direction Générale (CCDG), fi xent les limites selon leur niveau de délégation. À ces mesures vient s ajouter un ensemble de lignes directrices (notamment des lignes directrices sur les sensibilités aux paramètres de marché par contrepartie, sensibilités qui sont extraites du système de risque de marché) qui sont autant d outils supplémentaires de surveillance du risque de contrepartie et de prévention des concentrations du risque systémique.

AJUSTEMENTS DE L ÉVALUATION DE CRÉDIT La valorisation des instruments fi nanciers négociés de gré à gré par BNP Paribas dans le cadre de ses activités de marché (CIB principalement) intègre des ajustements de valeur de crédit, ou Credit Valuation Adjustment (CVA). La CVA est un ajustement de valorisation du portefeuille de transactions permettant de prendre en compte le risque de crédit de contrepartie. Elle refl ète ainsi l espérance de perte en juste valeur sur l exposition existante sur une contrepartie du fait de la valeur potentielle positive du contrat, de la probabilité de défaut de la contrepartie, et de l estimation du taux de recouvrement.

Les expositions au risque de contrepartie sur instruments dérivés recouvrent l ensemble des expositions sur dérivés du portefeuille de BNP Paribas, tous sous-jacents et tous pôles confondus. Les expositions de Fixed Income représentent la grande majorité de ces expositions.

Le niveau de l ajustement de valeur de crédit effectué change en fonction des variations de l exposition au risque de contrepartie existante et de celles du niveau de cotation du risque de crédit de la contrepartie

concernée, qui peuvent résulter en particulier de variations du spread de Credit Default Swaps (CDS) utilisé dans le calcul des probabilités de défaut.

Afi n de réduire le risque associé à la dégradation de la qualité de crédit inhérent à un portefeuille d instruments fi nanciers, BNP Paribas peut avoir recours à une stratégie de couverture dynamique, consistant en l achat d instruments de marché, tels que les instruments dérivés de crédit.

La réglementation Bâle 3 a introduit une nouvelle exigence de fonds propres au titre du risque d ajustement de l évaluation de crédit. Celle-ci est destinée à permettre aux banques de faire face au risque de pertes dû à la volatilité des CVA résultant des mouvements de spreads de crédit associés aux contreparties auxquelles le Groupe BNP Paribas est exposé. Elle est calculée par le Groupe en méthode avancée à l aide de son modèle interne de mesure des risques de marché.

RISQUE DE CORRÉLATION DÉFAVORABLE ET TESTS DE RESISTANCE Le risque de corrélation défavorable, ou Wrong Way Risk, correspond au risque que l exposition à une contrepartie soit inversement corrélée à la qualité de crédit de celle-ci.

Ce risque comporte deux composantes :

■ le risque général de corrélation défavorable (General Wrong Way Risk ou GWWR), qui correspond au risque survenant lorsque la probabilité de défaut de contreparties est positivement corrélée à des facteurs généraux de risque de marché ;

■ le risque spécifi que de corrélation défavorable (Specifi c Wrong Way Risk ou SWWR), qui correspond au risque que l exposition future envers une contrepartie soit corrélée positivement à la probabilité de défaut de cette contrepartie, en raison de la nature des transactions conclues avec elle.

Le SWWR fait l objet d une exigence de fonds propres dédiée tandis que le GWWR est appréhendé à travers la mise en place de tests de résistance (stress tests).

Ainsi, la surveillance et l analyse par BNP Paribas du risque général de corrélation défavorable s effectue au travers d exercices de tests de résistance permettant de mettre en évidence les facteurs de risque corrélés négativement avec la qualité de crédit de la contrepartie. Elle conjugue une approche top-down et une approche bottom-up :

■ pour l approche top-down, la politique en matière de risque général de corrélation défavorable défi nit les règles et critères généraux à appliquer pour détecter ce type de risque. Ces critères sont basés sur le pays de résidence des contreparties, la région à laquelle elles appartiennent et leurs secteurs d activité. Différentes positions de risque de marché que les contreparties pourraient avoir vis-à-vis de BNP Paribas ont aussi été défi nies comme des situations nécessitant une analyse et une communication adaptée ;

■ le dispositif de contrôle du risque général de corrélation défavorable repose également sur une approche bottom-up où la contribution des analystes de crédit est indispensable pour défi nir plus précisément les scénarios ayant le plus d impact sur le portefeuille (application d une détérioration des paramètres de marché refl étant des conditions extrêmes mais réalistes).