Document de référence et rapport fi nancier annuel 2017 - BNP PARIBAS 249

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Synthèse des risques annuels

RISQUES PRINCIPAUX ET ÉMERGENTS

L identifi cation et le suivi des risques principaux et émergents font partie intégrante de l approche de la gestion des risques par BNP Paribas.

Ces risques sont identifi és, analysés et gérés à travers différents travaux et analyses menés par la fonction Risque (Risk), les pôles et les métiers et à travers plusieurs Comités donnant lieu à des actions et décisions :

■ un suivi étroit du contexte macroéconomique et fi nancier avec pour objectifs de les hiérarchiser en fonction des conséquences pour les portefeuilles du Groupe et d élaborer des scénarios adverses. Dans le cadre de ce suivi, un tableau de bord est présenté chaque trimestre par les responsables de Risk à la Direction Générale ainsi qu au Comité de contrôle interne, des risques et de la conformité (CCIRC) ;

■ un suivi régulier du profi l de risque selon les directives/seuils validés par le Conseil d administration ;

■ des politiques transversales portant entre autres sur les concentrations ou la responsabilité sociale de l entreprise ;

■ des décisions concernant les risques de marché et de liquidité prises par le Comité ALM Groupe (ou ALCo Groupe, voir partie Gouvernance de la section 5.3 Gestion des risques) et le Comité des risques de marché (Capital Markets Risk Committee CMRC) ;

■ des décisions clés prises par les Comités sur les transactions spécifi ques au plus haut niveau ;

■ des propositions pour de nouvelles activités ou de nouveaux produits ;

■ un examen, par les Risk Policy Committees, du portefeuille/des activités axé sur les thématiques sélectionnées par la Direction du Groupe via le Forum des risques pour l année à venir ;

■ des réflexions proactives et anticipatrices relatives aux risques émergents et à leurs impacts sur le profi l de risque de la Banque dans le cadre du Comité d anticipation des risques ;

■ une analyse et un suivi des changements réglementaires et de leurs conséquences sur la gestion des fonds propres et de la liquidité de la Banque ainsi que sur ses activités.

RISQUES PRINCIPAUX Un risque principal est défi ni comme un risque qui peut :

■ avoir, dans une branche d activité ou une zone d activité, un impact signifi catif sur les résultats fi nanciers, la réputation ou la pérennité de l entreprise ;

■ survenir à brève échéance.

Les principaux risques auxquels le Groupe est exposé sont présentés ci-dessous.

Conditions macroéconomiques

L environnement macroéconomique et de marché affecte les résultats de la Banque. Compte tenu de la nature de son activité, la Banque est particulièrement sensible aux conditions macroéconomiques et de marché en Europe, qui ont connu des perturbations au cours des dernières années.

En 2017, la croissance mondiale s est renforcée pour s établir autour de 3,5 %, refl étant une amélioration dans l ensemble des zones géographiques . Ce renforcement de l activité conduit, dans les grands pays développés,

à un durcissement ou une diminution de l assouplissement en matière de politique monétaire. Le niveau toujours très modéré de l infl ation permet cependant aux banques centrales d opérer cette transition de façon très progressive, et ainsi de ne pas compromettre les perspectives économiques. Le FMI s attend ainsi à une poursuite du renforcement de la croissance mondiale en 2018 (anticipation revue à + 3,7 % contre + 3,6 % auparavant), le léger ralentissement attendu dans les économies avancées devant être plus que compensé par l amélioration prévue dans le monde émergent (sous l impulsion du redressement de l Amérique l atine et du Moyen-Orient et malgré la diminution structurelle de la croissance économique en Chine).

Dans ce contexte, on peut souligner les deux catégories de risques suivantes :

Risques d instabilité fi nancière liés à la conduite des politiques monétaires Deux risques sont à souligner, celui d une hausse brutale des taux et celui du maintien trop prolongé des politiques actuelles très accommodantes.

D une part, la poursuite du durcissement de la politique monétaire aux États-Unis (entamé depuis 2015) et la réduction du caractère accommodant de la politique monétaire en zone euro (réduction prévue des achats de titres à partir de janvier 2018) impliquent des risques de turbulences fi nancières. Le risque d une hausse mal contrôlée des taux d intérêt à long terme peut en particulier être souligné, dans l hypothèse d une surprise à la hausse en matière d infl ation ou d un durcissement mal anticipé des politiques monétaires. La matérialisation de ce risque pourrait avoir des conséquences négatives sur les marchés d actifs, en particulier ceux pour lesquels les primes de risque sont extrêmement faibles par rapport à leur moyenne historique suite à une décennie de politiques monétaires accommodantes (crédit aux entreprises et pays non I nvestment G rade, certains secteurs des marchés actions, immobilier, etc.).

D autre part, en dépit des remontées constatées depuis la mi-2016, les taux restent bas, ce qui peut favoriser une prise de risque excessive chez certains acteurs du système fi nancier : augmentation des maturités des fi nancements et des actifs détenus, politique d octroi de crédit moins sévère, progression des fi nancements à effet de levier. Certains de ces acteurs (assureurs, fonds de pension, gestionnaires d actifs, etc.) ont une dimension de plus en plus systémique et, en cas de turbulences de marché (par exemple liées à une hausse brutale des taux et/ou un réajustement marqué des prix), pourraient être amenés à dénouer de larges positions dans un contexte où la liquidité de marché se révélerait relativement fragile.

Risques systémiques liés à la hausse de l endettement Sur le plan macroéconomique, l impact d une hausse des taux pourrait être sensible pour les pays affi chant des niveaux de dette publique et/ou privée élevés par rapport au PIB. C est notamment le cas des États-Unis et de certains pays européens (notamment la Grèce, l Italie, ou le Portugal), qui affi chent des ratios de dette publique sur PIB parfois supérieurs à 100 % , mais aussi de pays émergents.

Ceux-ci ont enregistré entre 2008 et 2017 une hausse marquée de leur dette, y compris de la dette en devises et due à des créditeurs étrangers. La hausse de cet endettement est surtout le fait du secteur privé, mais